Informations sur le Bruit au Travail

Trop de bruit dans un atelier – comment établir un constat et faire un suivi ?

Que faire lorsqu’on a l’impression que le niveau de bruit est trop élevé dans un atelier de production ? L’installation d’une machine supplémentaire, le remplacement de systèmes de découpe mécaniques par des équipements pneumatiques, parfois simplement la rénovation d’une dalle … ces modifications peuvent augmenter significativement le niveau de bruit. Un responsable de production ou de maintenance, ou un délégué du CHSCT peuvent-ils suivre ce paramètre d’environnement comme ils le font de la température ou de l’humidité ?

Pour faire le point, nous avons interviewé Monsieur Emmanuel GODARD, Technico-Commercial de la Société INTERTEK FRANCE*, filiale d’une multinationale réseau de laboratoires et distributeur d’équipements de mesure, dont des sonomètres et des exposimètres.

Pascal, de www.protection-bruit.fr – L’acoustique parait être une science complexe. Faut-il être un spécialiste pour faire des mesures ?

E.GODARD – Faire des mesures précises demande une compétence particulière. Un technicien spécialisé dans la mesure, quel que soit son domaine, pourra faire une première estimation avec un minimum de formation. Des notions d’acoustique lui seront nécessaires pour interpréter ses mesures.
En effet, on utilise une échelle logarithmique, une augmentation de 3 dB signifie donc un doublement de la pression acoustique ! Les notions de pondération (A et C) dont tient compte un sonomètre doivent aussi être connues. Avant de commencer à prendre des mesures, c’est mieux de rafraîchir ses connaissances.

Un autre point important, c’est l’équipement qu’on utilise pour faire les mesures. On trouve toute sorte de sonomètres, en particulier sur internet : certains marchands en proposent à moins de 30 euros ! Tant qu’à passer du temps à prendre des mesures, ensuite à les comparer et les interpréter et finalement à les discuter en réunion, mieux vaut qu’elles soient fiables. Il faut donc choisir un sonomètre étalonné, avec un certificat officiel, et de préférence avec la possibilité d’enregistrer les mesures.

Comment faire un constat concrètement, si on soupçonne un bruit excessif à un poste de travail?

Partons de l’hypothèse que vous voulez faire une évaluation préliminaire. Le personnel de l’entreprise peut faire des mesures ponctuelles à l’aide d’un sonomètre. Attention : des mesures ne signifient rien si on ne précise pas les conditions dans lesquelles elles ont été prises. En particulier, on notera le maximum d’informations sur l’environnement : jour et heure, personnel présent, machines en fonction, activités en cours, présence de perturbations annexes à la production (climatisation, chauffage, camion de livraison en cours de déchargement, etc).

On mesurera alors les valeurs LAEQ et CRETES. Pour conforter les conclusions, on répétera la mesure plusieurs fois. Si on est loin du seuil de 85 dB sur une journée de travail, on pourra en rester à ce constat et mettre en oeuvre les mesures qui permettront d’améliorer les conditions de travail sans générer de gros investissements : poser des cloisons absorbantes, changer certains éléments mécaniques ou pneumatiques bruyants, isoler une aire où fonctionnent des équipements particulièrement bruyants (par exemple des broyeurs), équiper certains postes de protections individuelles plus efficaces, …

Par contre, si les mesures préliminaires montrent qu’on esti proche des limites, il faut mandater un bureau acoustique pour faire des mesures normatives et de répétabilité. A noter que la médecine du travail et les CARSAT peuvent intervenir avec des équipes spécialisées

J’ai lu qu’on peut aussi faire cette évaluation avec un dosimètre. Quelle est la différence par rapport à un sonomètre ?

Le dosimètre est un sonomètre qu’on peut attacher à un opérateur et muni d’un microphone séparé qui est positionné à proximité des oreilles de la personne. Le dosimètre enregistre une multitude de mesures faites tout au long de la journée ou de la durée du poste de travail. On mesure ainsi l’exposition effective subie par l’opérateur, y compris lorsqu’il se déplace dans l’atelier. On dispose ensuite des mesures instantanées, de graphiques montrant l’évolution en fonction du temps, de valeurs moyennes et de valeurs de crête ainsi que de la “dose de bruit” cumulée pendant la période de travail.

Le dosimètre est parfaitement adapté aux mesures liées à l’opérateur, alors que le sonomètre est un équipement de mesure du bruit environnant.

Quel investissement l’entreprise doit-elle budgeter, si elle veut disposer d’un équipement pour ses constats et ses suivis ?

Les sonomètres professionnels existent en classes 1 (les plus précis) et classe 2 (suffisants pour des mesures aux postes de travail). Cette précision de mesure détermine en partie le prix. Le sonomètre doit être livré avec son certificat d’étalonnage. Ce dernier est valable 1 an, ensuite le sonomètre doit être ré-étalonné. Il y a donc aussi un coût de maintenance.

Outre le prix du sonomètre, il faut ajouter des accessoires : 1 calibreur, un logiciel (lorsqu’il n’est pas fournis avec le sonomètre), au besoin des modules complémentaires comme des bandes d’octaves. Notez que les sonomètres de qualité sont modulaires, il est possible de compléter leurs fonctionnalités par la suite, en fonction des besoins.

Une entreprise industrielle aura souvent à traiter simultanément les problèmes de bruit ambiant et ceux de l’exposition de ses employés au bruit. Elle aurait donc avantage à acheter 1 sonomètre et 1 dosimètre. Il existe des kits complets, avec les 2 équipements, leurs calibrateurs, les logiciels et les certificats d’étalonnage. 5’000 € constitue un prix indicatif pour du bon matériel.

Un protocole de mesures est-il inclus dans ces kits ?

Les sonomètres sont utilisés dans une multitude de conditions et d’environnements différents. Le protocole de mesure est spécifique à ces conditions et n’est par conséquent pas inclus dans les kits d’équipements de mesure. L’entreprise peut trouver le protocole adéquat auprès des CARSAT, auprès des associations professionnelles et évidemment sur internet. Peut-être bientôt sur www.protection-bruit.fr ?

Vous visitez beaucoup d’entreprises. Pouvez-vous nous donner une idée du taux d’équipement en sonomètres des entreprises industrielles ?

C’est difficile de faire une moyenne, et d’ailleurs cela n’aurait pas de sens puisqu’il y a de grandes différences selon les secteurs d’activités et la taille des entreprises.

La plupart des grandes entreprises ont des Services HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) en interne. Le risque bruit est pris en compte et ces services sont généralement équipés de sonomètres. C’est moins courant dans les PME, mais ces dernières peuvent faire appels, comme je l’ai déjà dit, aux services compétents des CARSAT et de la médecine du travail.

Bientôt toutes les entreprises, même les plus petites, seront conscientes des conséquences des nouvelles réglementations sur la pénibilité au travail. Ne pas investir dans les moyens de prévention, c’est risquer d’avoir à supporter plus tard des coûts infiniment plus importants.

Merci, Monsieur Goddard, de nous avoir accordé cette interview.

A propos de INTERTEK FRANCE
INTERTEK France, intègre un réseau mondial de plus de 1’000 laboratoires accrédités dans la vérification de conformité. Son champ d’activité comprend entre autres la chimie, la pharmacie, les cosmétiques, le médical, le packaging et l’électronique.
Intertek France est spécialisé dans la distribution et la métrologie d’équipements pour la mesure de la qualité de l’air, dont les sonomètres.

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