dans l'entreprise et son environnement

Réduire le bruit… ou réduire la gêne sonore ?

 

Parce qu’elles font beaucoup plus de bruit (…) que les entreprises traditionnelles, les startups donnent l’impression d’être plus inventives et de révolutionner le monde. Les techniques de réduction du bruit font partie de leurs nouvelles terres de chasse. Ces derniers mois, les medias se sont fait l’echo de plusieurs « nouveautés ». Le Consumer Electronic Show qui s’est déroulé à Las Vegas en janvier n’y est pas étranger, tant il est pourvoyeur de fonds …

 

Parmi ces annonces, nous en avons retenu 3.

 

Kelson - article sur France 3 Regions 29 mai 2017Avertisseur de bruit lumineux

Nous connaissons tous les affichage de vitesse qu’on trouve sur certaines routes et entrées de villages : si la voiture roule à une vitesse supérieure à la limitation, un clignotement frénétique rappelle cette limitation au conducteur. D’autres systèmes affichent la vitesse du véhicule en approche, avec la limite de vitesse autorisée. Ces dispositifs font appel au civisme des automobilistes, et il faut reconnaître qu’ils sont efficaces. 

Dans un même esprit, la cantine scolaire de Charolles, en Saône-et-Loire, s’est équipée d’un panneau avertisseur de bruit. En fonction du niveau de bruit ambiant, une oreille lumineuse change de couleur pour passer du vert, pour un bruit modéré, à l’orange puis au rouge si le niveau sonore devient trop élevé. On explique aux élèves que leur objectif est de maintenir l’oreille au vert. 

C’est plus une bonne idée qu’une prouesse technologique : un sonomètre mesure le niveau sonore et contrôle la couleur affichée. Est-ce nouveau ? Non, le fabricant de ce panneau nommé « Kelson » est la société lorraine PREVENTEC,  concepteur et fabricant de limiteurs acoustiques et d’afficheurs de niveaux sonores.  Les inventeurs du système ont d’ailleurs reçu en 2012 le prix de l’invention Preventica.  La société commercialise aussi des produits plus techniques : ce sont des limiteurs acoustiques par atténuation et / ou coupure qui sont utilisés dans les lieux où on diffuse de la musique amplifiée

 

Diminution de bruit dans les bureaux

On connaît la notion d’émergence acoustique, utilisée comme critère dans la réglementation du bruit. Dans un bureau calme, la conversation téléphonique d’un commercial avec son client peut générer un accroissement de niveau sonore suffisant pour déranger ses collègues. Des paroles audibles, comme des bruits porteur d’une tonalité marquée sont dérangeants d’autant plus que leur intensité dépasse le niveau du bruit de fond. La tonalité d’un bruit et son émergence provoquent la gêne sonore, alors même qu’il n’y a aucun risque physiologique. 

Solution Orfea, sur France Bleu Limousin le 4 janvier 2017C’est cet aspect du bruit que veut traiter Silent Space, la solution anti-bruit pour open spaces de la société ORFEA. Il y a 2 façons de réduire l’émergence : 

  • réduire le niveau sonore du commercial pris en exemple ci-dessus …  ou
  • augmenter le bruit de fond !

C’est la seconde solution que choisit ORFEA. Un analyseur acoustique contrôle des haut-parleurs dispersés dans l’open space, en fonction des composantes du bruit ambiant et du niveau sonore, pour diffuser un bruit rose. C’est paradoxal puisque qu’en fait on augmente le bruit, mais on réduit ainsi la gêne sonore !

Ce système est apparenté au masquage du bruit ambiant par divers artifices employés depuis des décennies, par exemple une fontaine d’eau qui chute et bruisse, des bruits de mer et de vagues qui s’écrasent sur la plage ou de la musique de fond … ou le pianiste de certains restaurants du siècle passé. A vous de voir ce que vous préférez.

Lire aussi l’article sur « Silent Space » paru dans lesnumeriques.com

 

Le boitier anti-bruit Muzo

Le boitier antibruit MUZO sur Ouest France 30 septembre 2016

Science et Avenir a publié en septembre 2016 un article bien documenté sur le boitier inventé par la start-up américaine CELESTIAL TRIBE

Le principe est bien différent des appareils présentés plus haut, puisqu’il s’agit de réduction active du bruit par émission d’un bruit en opposition de phase.  On analyse la signature acoustique du bruit à l’endroit où on souhaite le réduire, et on calcule un bruit opposé qui va anéantir les variations locales de pression sonore.

Le principe est simple, mais son application est difficile en pratique. Il existe de nombreux modèles de casques anti-bruit qui utilisent ce principe, souvent en complément de l’absorption phonique. 

Une video du Professeur Juan Ramon Mosig, de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne en Suisse (EPFL) permet de comprendre le principe et de juger de ses effets :

 

 

 

 

Des laboratoires et des entreprises travaillent depuis des décennies pour appliquer ces principes. Parmi celles-ci, Technofirst compte parmi ses développements une cassette anti-bruit active pour les gaines de ventilation :

 

 

 

 

Le déphasage réactif, provoqué par des variations de propriétés acoustiques et de sections, est aussi utilisé couramment dans les silencieux industriels. Dans ce cas, il n’y a pas d’électronique de commande, puisque la configuration est calculée pour réduire un bruit de caractéristiques données et peu variables.