Informations sur le Bruit au Travail

Des entreprises classées et bruyantes

Photo aérienne d'une usine de fabrication de papierLa réglementation environnementale européenne prévoit l’étude de plans de prévention du bruit qui s’appliquent aussi à l’industrie. Toutefois cette dernière fait partie de la dernière phase du déploiement de ce plan, après les nuisances des transports routiers, ferroviaires et aériens. Les seules industries visées sont les installations classées soumises à autorisation, qui sont déjà soumises à une réglementation française plus restrictive que ce que prévoit le cadre environnemental européen. En effet, l’ensemble des installations classées pour l’environnement, qu’elles soient soumises à déclaration, à enregistrement ou à autorisation, doivent respecter des arrêtés types, ministériels ou préfectoraux. Quelles sont ces entreprises qui doivent gérer risques et nuisances?

Installations classées pour l’environnement

Définition du classement environnement

Lorsqu’on parle d’installation classées pour l’environnement, à moins d’être un spécialiste ou d’être responsable d’une entreprise concernée, on imagine une liste réduite d’entreprises de type “Seveso” – celles qui utilisent ou fabriquent des produits chimiques très dangereux ou des explosifs – . En réalité, la définition d’une “installation classée” est beaucoup plus large, puisqu’elle englobe toutes les installations, quel que soit le secteur industriel dans lequel elles sont installées, qui peuvent affecter négativement :

  • le voisinage,
  • la santé publique,
  • la sécurité publique,
  • l’agriculture,
  • la protection de la nature,
  • l’utilisation de l’énergie,
  • la conservation du patrimoine (sites, monuments).

Une nomenclature détaillée les classe sous l’un des régimes – déclaration, enregistrement ou autorisation – en fonction de leurs dangers potentiels respectifs. Leur capacité de production ou leur débit ou puissance est un critère généralement pris en compte pour exclure les petites exploitations du champ d’application des décrets. Il faut noter que par “installation”, on entend aussi les dépôts et les chantiers. Pratiquement, le fait de présenter un danger particulier soumet de fait l’installation à des contraintes renforcées sur d’autres plans aussi. Prenons un exemple: un silo à grains étant une installation classée (du fait du risque de fermentation et d’incendie), il est soumis à une limite de bruit inférieure à celle d’un silo semblable mais destiné à contenir du sable !

Des industries classées et bruyantes

Nous avons trié les installations de la nomenclature pour en tirer une liste de secteurs industriels qui intègrent des installations classées pour l’environnement et à qui utilisent des équipements bruyants. Ces entreprises cumulent ainsi plusieurs raisons d’évaluer et de suivre leur cartographie acoustique en même temps que leur cartographie de l’ensemble des risques :

  • respect des limites de bruit aux postes de travail,
  • confort acoustique dans les zones de détente (salle de repos, cafétéria, cantine, …),
  • qualité de travail dans les zones de bureau et d’accueil (réception, salles de conférences, …),
  • traitement simultané de plusieurs nuisances, par exemple
    • paroi insonorisante et coupe-feu,
    • encoffrement acoustique et aspiration/récupération de poussières allergènes,
    • doublage acoustique et renforcement de l’isolation thermique,
    • écrans pour masquer visuellement les sorties de ventilation et de climatisation tout en réduisant leurs émissions sonores,
    • capots sur des auxiliaires de production pour réduire le bruit aux postes de travail et réduire le bruit émis en direction du voisinage, …

Traiter simultanément plusieurs nuisances permet de gagner du temps tout en optimisant l’investissement.

Le coût de l’analyse globale paraît souvent important en chiffres absolus, mais il ne représente en général qu’un faible pourcentage du coût du traitement et, surtout, cette analyse permet d’éviter d’ajouter ultérieurement un nouvel investissement du même ordre de grandeur pour traiter les nuisances non prises en compte initialement !

Machine d'emballage dans l'industrie alimentaireIndustrie Agroalimentaire

C’est la première industrie nationale en terme de chiffre d’affaire. Elle regroupe une très grande variété d’entreprises dont les processus industriels sont différents.

D’un point de vue risques, la législation les sépare en plusieurs groupes, dont :

  • L’agro-alimentaire de préparation ou conservation de produits alimentaires d’origine végétale, par cuisson, appertisation, surgélation, congélation, lyophilisation, déshydratation, torréfaction, etc.
  • L’agro-alimentaire de préparation ou conservation de produits alimentaires d’origine animale, par découpage, cuisson, appertisation, surgélation, congélation, lyophilisation, déshydratation, salage, séchage, saurage, enfumage, etc
  • Les sucreries, féculeries et distilleries
  • Les laiteries (voir ci-dessous)

Les équipements bruyants sont très nombreux parmi les machines spécifiques à cette industrie auxquels s’ajoutent l’ensemble des auxilliaires de production tels les compresseurs, pompes, tours de refroidissement, chaudières, etc.

Cuves inox pour la préparation du laitLaiteries

Leur principal risque environnemental réside dans la gestion de l’eau et en particulier le rejet des effluents dans la nature. 

La réception, le stockage, le traitement et la transformation du lait impliquent des équipements bruyants, dont les chaudières de pasteurisation et de stérilisation, les pompes à eau pour le nettoyage et comme fluide de chauffage, les systèmes de dépollution de l’eau avant rejet dans l’environnement, les groupes de réfrigération et les tours aéroréfrigérantes, les équipements pneumatiques et hydrauliques. Les machines d’emballage du lait peuvent être des sources de bruit et surtout le remplissage et l’operculage des bouteilles en verre pour certains produits de haut-de-gamme.

A ces nuisances s’ajoutent le trafic des citernes et camions de livraison du lait et d’expédition des produits.

Machine d'impressionImprimerie

Ce secteur compte en France plusieurs centaines d’entreprises importantes, concernées par les enjeux environnementaux visés par la classification environnement. Les risques sont essentiellement liés aux encres et solvants utilisés, qui peuvent provoquer des pollution des sols, des eaux et de l’air.

Nous visons ici les imprimeurs de métier, mais rappelons que la plus grande partie des impressions sont intégrées à des chaines de production de nombreux secteurs de l’industrie. Les enjeux environnementaux et acoustiques y sont les mêmes. Les machines à grand rendement sont bruyantes par nature, quel que soit le processus de production (offset, flexographie, sérigraphie, tampographie, … ). La nuisance sonore dépend beaucoup du support d’impression (papier, carton, plastique, …) puisque son déplacement à grande vitesse dans les machines produit plus ou moins de bruit selon sa rigidité. S’il a peu ou pas d’impact d’un point de vue environnemental, le façonnage (massicotage, pliage, reliure, assemblage, …) contribue souvent majoritairement à l’émission de bruit.

Vue des cylindres d'entraînement dans une usine de fabrication de papierPapeterie, cartonnerie

La fabrication et le travail du papier nécessitent notamment l’exploitation d’une installation de combustion, des stockages de bois, papier, carton, et génèrent des boues, issues du traitement des effluents et/ou du désencrage (recyclage de papiers cartons récupérés).

Les ateliers de fabrication de carton ondulé, pour prendre un exemple, comprennent plusieurs machines indépendantes ou organisées en lignes : onduleuse, colleuse, gaufrage, imprimante, presse de découpe, plieuses, machines de montage (pour croisillons par exemple). Sans traitement, par exemple capotages et cabines, le niveau de bruit généré excède à la fois les limites admises par la réglementation pour la protection des travailleurs et les limites admises en nuisances extérieures aux bâtiments.

Convoyeurs de sable dans une carriereCarrières

L’exploitation des carrières, outre d’avoir un impact visuel suite aux dépôts de poussières et aux enlèvements de pans de montagnes, risque de modifier la faune et la flore et de fragiliser les nappes phréatiques.

La révolution industrielle et la croissance exponentielle de la population ont accru fortement les besoins en matériaux de construction. Accompagnés par l’invention du ciment et du béton à la fin du 19e siècle, la création des réseaux de chemin de fer et d’ infrastructures routières a forcé la production des matières premières minérales sous forme de graviers naturels ou de granulats artificiels, concassés dans les carrières. De nombreuses sources de bruit de fréquences, d’amplitudes et de puissances très variées se combinent dans une carrière et imposent un traitement multiple :

  • tirs de mines,
  • travail des engins de chantier : pelles, chargeuses, engins de forage, …
  • mouvements des camions de livraison,
  • process de production – broyeurs, concasseurs, cribles, tamis, …

Vue sur une presse à injecter les matières plastiquesPlasturgie

Les matières plastiques sont des produits de la pétrochimie. Leur stockage, leur transformation et leur recyclage (évitons leur destruction en fin de vie) produisent des rejets atmosphériques et aqueux qui présentent des risques environnementaux et sanitaires. Ces matières étant inflammables, il y a aussi des risques importants d’accident et de pollution de sites et des sols.

Quelques processus continus peuvent être modérément bruyants, comme l’extrusion de films ou de profilés, par contre la plupart des processus de fabrication discontinus sont bruyants puisque liés à des cycles commandés hydrauliquement ou pneumatiquement. C’est le cas des processus de thermoformage, d’injection, de soufflage. Des opérations annexes ont aussi un impact acoustique important, en particulier les opérations de soudage ou de sertissage par ultrasons. Les usines de transformations des plastiques utilisent des granulés qui sont stockés en silos, reliés aux machines par des systèmes d’alimentation et de dosage automatiques. Ces systèmes contribuent malheureusement fortement au bruit ambiant, avec des sources réparties dans toute l’usine (frottement des granulés dans les tuyaux d’alimentation). La réduction du bruit dans l’industrie de la plasturgie nécessite de combiner une large palette de mesures correctives.

Vue d'ensemble d'une cimenterieCimenteries

Le point majeur réside dans les émissions polluantes des fours.

Il reste en France un peu plus d’une trentaines de sites de production et/ou de broyage de cimenteries. Le ciment est produit à partir de clinker, qui est le résultat de la cuisson à 1500 °C de calcaire et d’argile. Cette opération est la plus onéreuse en termes d’investissement, et elle exige des procédures d’autorisation longues. La tendance est donc la concentration de ces productions sur un minimum de site, voire l’import du clinker d’autres pays, là où les qualités d’argiles et de calcaires sont les plus appropriées. Au bout de la chaîne de production, le broyage du clinker et son mélange avec divers additifs peut être réalisé indépendamment, localement et s’adapter à la demande (le ciment a une durée de vie limitée). De nouvelles usines de broyage pourraient être construites en France, pour traiter du clinker étranger.

Les sources de bruits dans les cimenteries sont en particulier les opérations de broyage et de tamisage…

Vidange d'un creuset de fer en fusionFonderie

Outre le risque accidentel, la fonderie comporte un risque de pollution de l’air et des sols par des métaux lourds.

L’industrie de la fonderie produit de nombreuses pièces de nature très différentes (pièces automobiles, casseroles, semelles de fers à repasser, pièces de serrurerie, éléments de radiateurs chauffants, rotors de moteurs asynchrones, …) à base d’alliages de métaux divers : fer, plomb, zinc, magnésium, aluminium, cuivre, etc. Plusieurs procédés de moulages peuvent être utilisés, selon le métal travaillé et les séries produites.

Les sources de bruit principales en fonderie sont : le chargement des fours, les brûleurs de chauffage des fours, le démoulage des pièces (décochage), le grenaillage, la manutention des pièces, le fonctionnement des moteurs, des ventilateurs, des compresseurs à air, des pompes hydrauliques, …

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