Informations sur le Bruit au Travail

Bureaux d’Etudes Acoustiques: où et comment interviennent-ils ?

Cartographie bruit

 

La législation relative à la prévention des risques liés au bruit force l’entreprise à prendre des mesures lorsque des seuils sont dépassés. Une fois le constat fait, l’entreprise est confrontée à la difficulté de poser un diagnostic et de trouver des solutions. Sauf si elle dispose de compétences internes en acoustique, elle fera appel à un bureau d’études spécialisé.

Pour comprendre leur mode d’intervention, nous avons interviewé Monsieur Thierry Simoneau, du Bureau Acoustique & Conseil*. Monsieur Thierry Simoneau est responsable de l’Agence Sud de A&C. Acousticien de formation, il a rejoint le Bureau A&C il y a 16 ans, et en est aussi le responsable des ressources techniques, à savoir l’instrumentation et la modélisation.


Pascal, Protection-Bruit.fr – D’où viennent les demandes que vous traitez ?

T.Simoneau – Lorsque un environnement de travail est trop bruyant, le constat est généralement fait par des salariés, qui en parlent ensuite à leur hiérarchie, se plaignent au médecin du travail ou abordent la question avec l’un des membres du CHSCT. Il peut y avoir intervention de l’Inspection du Travail et de la CRAM.
Nous sommes mandatés par la Direction de l’Entreprise ou par son CHSCT, alors que pas mal de questions ont déjà été posées en interne et que l’entreprise cherche des réponses objectives.

L’entreprise peut-elle au contraire faire elle-même des mesures ? De quelles compétences doit-elle alors disposer en interne ?

L’entreprise peut faire des mesures, mais elles resteront indicatives. A moins de disposer d’équipements de mesure de qualité, et de techniciens connaisseurs de la législation en vigueur et formés aux protocoles de mesures à appliquer, les mesures ne seront pas fiables. Elles pourront par contre alimenter la réflexion initiale conduite au sein du CHSCT, avant qu’un bureau d’études n’intervienne.

En alternative, l’entreprise peut aussi faire appel à un prestataire d’insonorisation industrielle, qui pourra faire le constat initial, mais s’appuiera sur un BE pour valider le projet.

Mesurage du niveau de bruit en productionQuel est le schéma d’intervention du Bureau d’Etudes Acoustique ?

Même si des mesures ont été faites en interne, le BE commencera par établir un constat en suivant des normes métrologiques. Si le constat est positif, à savoir que les niveaux de bruit dépassent effectivement les seuils fixés par la réglementation, le BE recherchera le diagnostic du problème : d’où vient le bruit ?L’étude qui suivra incluera le traitement des données collectées, leur analyse, la simulation de la situation, sans traitement et avec l’application de principes de solutions.Cette étude conduira à une comparaison des solutions alternatives et à la prescription des mesures retenues en vue de la réduction du niveau sonore.

Effet de la fréquence sur la pression sonore

Quelles sont les compétences dont doivent disposer les Bureaux d’Etudes en acoustique ?

Le Bureau d’Etudes doit intervenir sur les lieux de travail pour évaluer les risques d’exposition au bruit, établir des cartographies acoustiques grâce à une méthodologie et des outils éprouvés. Il doit ensuite utiliser des outils informatiques sophistiqués de simulation, pour pouvoir concevoir des solutions correctives. Son but final est de garantir des conditions de travail confortables et en accord avec la réglementation.

Pour maîtriser l’ensemble de ces compétences, le Bureau d’Etudes doit disposer d’une équipe de docteurs, ingénieurs et techniciens complémentaires : acousticiens, métrologues, physiciens, mécaniciens …

Mandater un Bureau d’Etudes pour établir un constat ? Est-ce à la portée de petites entreprises – par exemple les nombreuses PME de la plasturgie ?

Une petite PME adopte une démarche différente. Elle choisit un nouvel équipement en fonction de ses caractéristiques, de sa fiabilité, de son prix, de la proximité du fournisseur, … Le niveau de bruit émis par la machine ne constitue généralement qu’un critère dans une longue liste. Il n’est en plus pas considéré comme une caractéristique opérationnelle. Pour beaucoup de patrons, avoir une machine moins bruyante que ses concurrentes est un plus … mais si c’est à qualité et prix égaux !

Pour ces petites industries, pour la plupart sous-traitantes, l’étude et la réalisation de mesures de réduction du niveau sonore constituent un investissement trop conséquent par rapport à la valeur de l’équipement de production et à son “output”. Le surcoût engendré serait souvent supérieur aux marges dégagées. La seule solution réaliste pour ces petites industries reste, premièrement de choisir des équipements conçus pour être aussi peu bruyants que possible et insonorisés d’origine, deuxièmement de faire traiter les parois les plafonds des ateliers pour favoriser l’absorption des sons les plus gênants et d’éviter les réflexions, de mettre en oeuvre des dispositifs atténuateurs (écrans, capots, cabines, silencieux…) et enfin de s’équiper de protections individuelles efficaces.

Les responsables font souvent appel aux fournisseurs d’équipements et aux prestataires de l’insonorisation, mais sans passer par un bureau d’études acoustiques.

Quels sont les secteurs industriels les plus bruyants ?

Les cas les plus fréquemment rencontrés, mais ce n’est sûrement pas exhaustif, sont l’embouteillage, la métallurgie lourde, la chaudronnerie, la forge, l’extraction, le travail du bois, la plasturgie, …

Jusqu’à quel point le BE peut-il prévoir la réduction de niveau sonore résultante des mesures préconisées ?

Un atelier industriel est une combinaison de murs et toiture de matériaux divers dans lesquels interfèrent plusieurs équipements bruyants. La simulation ne peut pas prendre en compte la totalité de cette réalité. Le BE peut gagner une assez bonne certitude quant au choix de la meilleure solutions, mais il ne peut pas calculer précisément le niveau de bruit résultant en raison de l’importance de la qualité de la mise en oeuvre sur le résultat final.
Cela souligne l’importance des compétences des prestataires insonorisateurs pour arriver au résultat escompté. En effet, la fabrication des éléments et leur montage sont essentiels. Dans les cas difficiles, le chantier de réalisation peut être suivi par le BE, qui fait des mesures intermédiaires pour corriger certains détails si nécessaire.

Les industriels sont-ils aujourd’hui sensibilisés à la problématique du bruit ? Prennent-ils en compte cet aspect lors de la création de nouveaux ateliers ?

Dans les faits, les BE Acoustique sont malheureusement rarement impliqués au début de tels projets. Ce serait pourtant toujours beaucoup plus efficace et souvent moins cher de concevoir l’insonorisation au moment où l’architecte conçoit le bâtiment plutôt que de faire des modifications par la suite.
Idéalement, le BE Acoustique devrait aussi appuyer l’industriel lors du choix et de l’installation des équipements de production. Malheureusement, le BE est souvent appelé tard, en pompier…

Y a-t-il une obligation de cartographier les risques bruits aux poste de travail lors de la construction d’une nouvelle usine ou d’un nouvel atelier ?

Contrairement à ce qui se passe pour l’environnement extérieur de l’usine, il n’y a pas d’obligation d’établir une cartographie des risques bruit au stade du projet. On ne le fera que dans le cadre de l’établissement d’un Document Unique d’évaluation des risques professionnels, s’il y a soupçon de dépassement des tolérances fixées par la réglementation.

Merci Monsieur Thierry Simoneau !

 

* A propos de Acoustique et Conseil

Le bureau d’études Acoustique & Conseil, fondé en 1984, fait partie des leaders français dans le domaine de l’étude acoustique de par l’importance des projets qu’il mène et leur technicité. Il possède de nombreuses références variées et réalise plus de 300 projets par an. Avec deux agences – Ile-de-France et Sud – son champ d’intervention s’étend sur toute la France et au-delà.
Acoustique & Conseil est membre de la C.I.C.F., qualifié ISO 9001 et O.P.Q.I.B.I.

Coordonnées Acoustique et Conseil :
Agence Ile-de-France (siège social)
17/19 rue des Grandes Terres – 92508 Rueil-Malmaison cedex – Tél. : +33 (0)1 47 08 52 52
Agence Sud Est
Rond-Point de la Gare – 13770 Venelles – Tél. : +33 (0)4 42 54 13 48

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