Informations sur le Bruit au Travail

Bruit des chantiers

Le chantier, c’est un lieu de travail temporaire situé « dans la nature », où les conditions sont difficiles à maîtriser et où les moyens sont limités par rapport au travail en atelier ou en usine. Les nuisances potentielles sont nombreuses, à la fois pour les travailleurs et pour les riverains du chantier : espace restreint, évacuation des déchets, production de poussières, rejets d’effluents liquides, circulation d’engins de chantiers, passage de camions, vibrations et bruit, etc.

Les travailleurs habitués des chantiers jugent que le bruit et les vibrations sont les risques majeurs. Le bruit est aussi la première cause de plaintes de voisinage.

Principales sources de bruit sur un chantier

La plupart des chantiers sont des chantiers de construction de travaux publics ou privés. Ils peuvent être totalement extérieurs, comme dans le cas de la construction d’une route, se dérouler à l’intérieur d’un bâtiment ou être mixtes, comme pour la construction immobilière.

Gros chantier de construction

Parmi les équipements les plus bruyants sur un chantier, citons :

  • Les outils pneumatiques : compresseurs, marteaux piqueurs, vibreurs à béton
  • Les équipements à percussion : martelage, machines de battage de palplanches et de pieux, foreuses à percussion, pistolets à goujons
  • Les scies de tronçonnage à parpaing et à béton et les meuleuses,
  • Les engins de chantier (camions, pelleteuses),
  • Les explosifs.

Conséquences possibles  du bruit sur un chantier

Quelques exemples permettent de comprendre l’étendue des conséquences possibles.

* Chantier de travaux publics, par exemple aménagement d’une voie de tram en ville. Les riverains du chantier peuvent être incommodés et demander dédommagement par l’entreprise de travaux publics (le maître d’oeuvre) et/ou par la Commune (le maître d’ouvrage)

* Chantier de réhabilitation d’un immeuble en bord de mer. Les clients de l’hôtel voisin sont censés bénéficier d’un séjour calme. Il y a fort à parier qu’ils demanderont le remboursement de leur séjour à l’hôtelier. Ce dernier peut demander réparation des préjudices à l’ensemble des responsables : le propriétaire de l’immeuble, l’architecte et les entreprises qui réalisent les travaux.

De façon générale, les conséquences peuvent être multiples :

  • exposition trop forte des travailleurs du maître d’oeuvre dans leurs postes de travail respectifs
  • exposition aux bruits et vibrations des travailleurs du maître d’ouvrage
  • exposition des voisins (particuliers, entreprises, …) à des gênes importantes
  • plaintes du voisinage
  • arrêt temporaire du chantier
  • recherche en responsabilités des intervenants du chantier

A noter que le fait que les travaux ont été annoncés et autorisés par les instances compétentes n’exonère pas les responsables des risques de poursuites judiciaires.

L’entreprise bruyante doit gérer simultanément 2 aspects régis par des législations différentes :

* Le niveau de bruit subi par ses employés et ceux des autres entreprises présentes sur les lieux. Les limites sont celles du code du travail.

* Le bruit émis dans l’environnement du chantier. Le bruit émergent est déterminant, à savoir l’impact acoustique relatif au bruit ambiant habituel du lieu.

 

Gérer les nuisances sonores d’un chantier

La plupart des chantiers génèrent de nombreuses nuisances : empiétement sur la voie publique et les espaces de passage et de stationnement, production de poussières et d’odeurs, émissions de bruit et de vibrations.

La nuisance acoustique est une notion relative, que les voisins supporteront plus ou moins volontiers selon le bruit ambiant naturel, la durée du chantier, ses horaires de travail et son objectif.

 

Particulièrement pour les chantiers de grande ampleur, les entreprises consultées doivent disposer d’un dossier avec:

  • une prévision des nuisances produites, dont le bruit
  • une évaluation de la gêne potentielle pour les riverains,
  • des prescriptions spécifiques

 

Moyens préventifs

Les moyens préventifs peuvent être de différents types :

  • Choix des horaires et jours de travail du chantier
  • Remplacement de techniques particulièrement bruyantes
    • Marteau-piqueur à air comprimé: remplacé par la découpe au diamant, ou par enlèvement à la pince hydraulique
    • Battage de palplanches: on peut utiliser des pieux forés, des techniques moins bruyantes de vibro-fonçage, remplacer les palplanches par un talus de fouille stabilisé, ou ajouter un casque de battage bi-matériaux qui amortit les vibrations et réduit le bruit produit
    • Construction à ciel ouvert:  une alternative est la construction sous couverture
    • Vibrage du béton:  il existe des bétons autocompactants, qui ne demandent pas de vibrage
  • Choix d’un matériel approprié, insonorisé
  • Mise en place d’écrans acoustiques

Plusieurs fabricants proposent des panneaux absorbants modulaires faciles à mettre en place et à démonter à la fin du chantier. Ils sont constitués de profilés verticaux à ancrer dans le sol ou à fixer sur des socles en béton armé, dans lesquels sont glissés des panneaux emboîtables de taille réduite (pour la manutention). Une fois montés, ces éléments forment une palissade qui associe sécurisation du chantier et réduction du bruit.

Les panneaux contiennent des couches de fibres de roche traitées contre les intempéries. Une face en acier inox traitée est destinée à offrir un aspect esthétique vers l’extérieur du chantier, l’autre face est revêtues de tôles perforées . Les champs soudés assurent la rigidité des panneaux et leur résistance aux montages et démontages successifs. 

  • Encoffrement de certains équipements
  • Bon positionnement des auxiliaires, par exemple placer un compresseur à air en retrait, derrière un mur de terre ou dans une excavation,
  • Utiliser les cabanes de chantiers, bureaux mobiles et stockages de matériels comme écrans,
  • Organisation du chantier, par exemple en regroupant des opérations bruyantes sur un temps réduit,
  • Modifier les points d’accès au chantier

 

Le maître d’ouvrage doit définir des objectifs généraux, charge au maître d’oeuvre d’en déduire des spécifications précises. Les entreprises qui effectueront les travaux doivent étudier les solutions qui répondent au cahier des charges et les mettre en oeuvre pendant la réalisation du chantier.

La communication avec les riverains est essentielle au bon déroulement du chantier. Les voisins accepteront d’autant plus facilement de subir ces nuisances s’ils en connaissent l’objet et la durée, et qu’on leur aura présenté un interlocuteur accessible par téléphone au cas où un problème se présentait.

 

Excellente synthèse réalisée par DCDPTV,
qui interviewe des responsables de chantiers Bouygues

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